⛪ Chapelle Notre-Dame – Île Barbe (Lyon 9)

11 octobre 2021 – Le clocher-campanile de la Chapelle Notre-Dame s’aperçoit entre les hautes frondaisons de l’Île Barbe (Lyon 9), mais il est difficile d’imaginer la sérénité qu’inspire cet ancien lieu de pèlerinage généralement ouvert lors des Journées Européennes du Patrimoine. 

Une adhérente de l’ARA l’a récemment visitée et nous en a chaudement recommandé la découverte à l’occasion d’une exposition temporaire, juste avant sa fermeture. Nous ne regrettons pas la visite de la chapelle, ni l’exposition !

Un site jalousement préservé dans le Val de Saône

Une chapelle pour les pèlerins

La chapelle Notre-Dame a été construite au XIe siècle par l’abbaye bénédictine implantée sur l’Île Barbe afin d’accueillir les pèlerins dont l’affluence troublait la tranquillité des moines.

Pendant 7 siècles, la chapelle dédiée à la Vierge sera un centre majeur de la piété mariale avant de s’effacer face à la concurrence grandissante de Notre-Dame de Fourvière.

Les pèlerins se groupaient par paroisses pour participer aux processions. La fréquentation, continue toute l’année, était plus marquée à Pâques, à la Pentecôte, aux fêtes de la Vierge et surtout à l’Ascension.

Les témoignages d’affluence exceptionnelle notés par le sacristain entre 1435 et 1539 concernent l’Ascension. Tous voulaient en être. Ce jour-là, en plus des religieux, des officiels et du peuple lyonnais, on pouvait apercevoir des banquiers et des marchands étrangers italiens, allemands et flamands.

En dehors de ces fêtes, des cortèges spontanés se formaient et “montaient en île” pour implorer la Vierge face à un péril imminent, une guerre, une épidémie, une famine ou au contraire pour lui rendre grâce, le danger écarté.

Des pèlerins célèbres y vinrent. En septembre 1630, le roi Louis XIII séjourne à Lyon et y tombe gravement malade. Le 29 septembre, l’inquiétude est à son comble, et le Roi reçoit l’extrême onction mais il guérit. Pour remercier la Vierge, la reine Anne d’Autriche et sa mère Marie de Médicis viennent à pied avec les dames de la cour se prosterner dans la chapelle de l’Île Barbe.

Cette chapelle était en si grande vénération, que lorsque les bateaux descendaient la Saône, tout l’équipage devait garder le silence et se découvrir à la vue du clocher. Devant le sacntuaire, seul l’un d’eux debout sur la proue criait “île salut !”.

Bien national

L’édifice primitif était une chapelle romane dotée d’une galerie attenante. La nef de cet édifice a été détruite après la révolution. Il reste aujourd’hui son abside surmontée du clocher dans laquelle on été dégagés des décors du XIIe et du XVIIe siècle et la galerie à couverture ogivale présentant de très beaux chapiteaux romans.

C’est cette galerie qui constitue la chapelle actuelle.

A la révolution, la chapelle est saisie et revendue comme bien national à un particulier qui la revend en lots de l’an V à 1806. La chapelle est alors rachetée par Philibert Charmy qui remet en état la galerie et la transforme en chapelle actuelle. Celui-ci obtient de Napoléon un décret permettant d’y célébrer à nouveau la messe en 1809. Depuis lors, la chapelle s’est transmise de génération en génération et les propriétaire actuels sont les descendants de Philibert Charmy.

Pour le goûter

Juste à côté de l’Île Barbe, profitez de la visite de la chapelle pour déguster une petite tarte aux pralines, elles sont délicieuses 🙂 et la boutique est ouverte le dimanche !

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